Si le terme “logiciel” est entré dans le langage courant, celui de “progiciel” reste plus mystérieux pour le grand public. Pourtant, dans le monde de l’entreprise et des systèmes d’information, ce mot est fondateur.
Derrière ce concept se cache toute l’histoire de l’informatisation moderne des entreprises. Mais qu’est-ce qu’un progiciel exactement ? En quoi se distingue-t-il d’un logiciel classique ? Et pourquoi est-il aujourd’hui au cœur de la stratégie des entreprises ?
Cet article vous propose une définition complète, précise et actualisée du progiciel.
Définition stricte du Progiciel
Le mot progiciel est une contraction de deux termes : PROduit et logICIEL.
Contrairement à un logiciel développé sur mesure pour un client unique, un progiciel est un produit informatique standard, conçu pour être vendu à un grand nombre d’utilisateurs ou d’entreprises.
Selon la définition officielle (notamment issue de la norme ISO/IEC 2382), le progiciel est un “ensemble complet de programmes, de procédures et de documentation associée, conçu pour être utilisé par plusieurs utilisateurs pour des applications variées”.
En résumé : Un progiciel est un logiciel prêt à l’emploi, conçu pour être commercialisé.
La différence majeure : Progiciel vs Logiciel sur mesure
Pour bien saisir la définition du progiciel, il faut le mettre en perspective avec son alternative historique : le développement spécifique (ou logiciel “sur mesure”).
| Caractéristique | Progiciel (Prêt-à-porter) | Logiciel sur mesure (Haute couture) |
|---|---|---|
| Développement | Développé une fois, par l’éditeur, pour un marché cible. | Développé spécifiquement pour un seul client. |
| Personnalisation | Paramétrable (on configure l’outil), mais le code n’est pas modifiable. | Le code est modifiable à volonté pour répondre exactement aux besoins. |
| Coût | Le coût est partagé entre tous les clients (licence ou abonnement). | Le client paie l’intégralité des coûts de développement. |
| Maintenance | Assurée par l’éditeur via des mises à jour régulières. | À la charge du client (ou du prestataire qui l’a développé). |
| Délai | Disponible immédiatement. | Long à développer (plusieurs mois ou années). |
L’analogie du vêtement
Pour simplifier : le logiciel sur mesure est comme un costume taillé spécifiquement à votre morphologie. Il vous va à la perfection, mais il coûte cher et est long à coudre. Le progiciel est comme un costume standardisé en série : il vous faudra peut-être retrousser les manches (paramétrage) pour qu’il soit idéal, mais il est disponible immédiatement en magasin.
Les grandes familles de Progiciels
Bien que le terme puisse s’appliquer à tout logiciel commercialisé (comme un jeu vidéo ou un antivirus), il est principalement utilisé en entreprise pour désigner des solutions critiques. On distingue généralement quatre grandes familles :
A. Les Progiciels de Gestion Intégrés (PGI / ERP)
Ce sont les plus connus. Un PGI (ou ERP en anglais) permet de gérer l’ensemble des processus d’une entreprise (comptabilité, RH, ventes, achats, stocks) dans une base de données unique. C’est le système nerveux de l’entreprise.
- Exemples : Onaya BTP (Orisha Construction), SAP, Oracle, Cegid.
B. Les Progiciels de Gestion de la Relation Client (CRM)
Conçus pour centraliser les avis des clients ou la gestion des prospects, ces outils gèrent le cycle de vente et le marketing.
- Exemples : Riviosa, Truspilot, Salesforce.
C. Les Progiciels Verticaux (ou Métiers)
Ce sont des progiciels dédiés à un secteur d’activité très spécifique, offrant des fonctionnalités “métier” poussées qu’un ERP généraliste ne possède pas (ex: gestion médicale, négociation de matériaux).
- Exemples : Onaya Négoce (pour le négoce de BTP).
D. Les Progiciels de Productivité
Les outils bureautiques standards (traitement de texte, tableur, messagerie) sont techniquement des progiciels car ils vendus en “boîte” (physique ou numérique) à des millions d’exemplaires.
- Exemples : Microsoft 365, Google Workspace.
Pourquoi les entreprises préfèrent-elles les progiciels ?
Dans les années 70 et 80, les grandes entreprises faisaient développer leurs propres systèmes informatiques. Aujourd’hui, 90% des besoins logiciels sont couverts par des progiciels. Pourquoi ?
1. La maîtrise des coûts
Partager le coût de développement avec des milliers d’autres clients est économiquement plus viable que de payer une équipe de développeurs en interne.
2. La pérennité et la maintenance
Qui assure que le logiciel fonctionne demain ? Avec un progiciel, c’est l’éditeur qui garantit la maintenance, les mises à jour de sécurité et l’adaptation aux nouvelles lois. Avec un logiciel sur mesure, si le développeur part ou fait faillite, l’entreprise se retrouve bloquée.
3. L’innovation rapide
Les éditeurs de progiciels investissent massivement en R&D. En achetant un progiciel, l’entreprise profite instantanément de technologies de pointe (Intelligence Artificielle, Cloud) qu’elle n’aurait pas pu développer seule.
4. L’intégration “Best of Breed”
Les progiciels modernes intègrent souvent les “meilleures pratiques” du marché. En utilisant un progiciel standardisé (comme ceux de la norme ISO), l’entreprise s’aligne sur les standards reconnus de son secteur, ce qui facilite les échanges avec ses partenaires.
L’évolution du progiciel : du SaaS au Cloud
La définition du progiciel a évolué avec le temps. Autrefois, le progiciel était acheté en “licence perpétuelle” et installé sur les serveurs internes de l’entreprise (On-premise).
Aujourd’hui, le modèle dominant est le SaaS (Software as a Service). Le progiciel est désormais hébergé dans le Cloud par l’éditeur. L’entreprise ne “paye” plus une licence, mais un abonnement mensuel (comme un abonnement Netflix ou téléphonique). Cette transformation a rendu l’accès aux progiciels plus facile, notamment pour les PME et les TPE, en supprimant les lourds investissements informatiques de départ.
Conclusion
Le progiciel n’est donc pas simplement un synonyme savant de “logiciel”. Il désigne une approche industrielle du logiciel : un produit standardisé, testé, maintenu et commercialisé pour répondre à un besoin commun.
Pour les décideurs, choisir un progiciel plutôt qu’un développement spécifique est aujourd’hui un choix stratégique de gestion du risque et d’efficacité. C’est s’assurer de disposer d’un outil éprouvé, qui évolue avec son temps et qui porte en lui les meilleures pratiques de son secteur d’activité.
FAQ : Questions fréquentes sur le Progiciel
Est-ce que Windows est un progiciel ? Oui, stricto sensu, Windows est un progiciel de système d’exploitation. Cependant, le terme est généralement utilisé dans le jargon professionnel pour parler de logiciels d’application (gestion, métier, bureautique) plutôt que de systèmes d’exploitation.
Qui sont les éditeurs de progiciels ? Ce sont des entreprises spécialisées qui conçoivent, développent et commercialisent ces solutions. Des exemples célèbres incluent Microsoft (bureautique), Salesforce (CRM), ou en France, des éditeurs comme Orisha Construction (progiciels métier BTP).
Comment choisir son progiciel ? Le choix se fait en fonction de critères fonctionnels (les besoins métiers), techniques (compatibilité avec l’existant), financiers (coût total de possession) et humains (la qualité du support et la facilité de prise en main).









